Que l’on soit bordelais.e ou touriste de passage, impossible d’échapper à la Place des Quinconces. Sa disposition unique au cœur de la ville en fait le véritable point névralgique de Bordeaux et un lieu de rendez-vous incontournable. Mais connaissez-vous vraiment les secrets de cette esplanade emblématique ? Voici 6 faits historiques pour redécouvrir ce lieu sous un nouvel angle.
Le Château Trompette

Bien avant l’esplanade que nous connaissons, le site était occupé par une forteresse : le Château Trompette. Édifié par le roi Charles VII après la guerre de Cent Ans, il visait à réaffirmer le pouvoir royal face à une population bordelaise qui avait longtemps maintenu son allégeance à la couronne d’Angleterre. Ironie de l’histoire : les habitants furent contraints de financer eux-mêmes la construction de cet édifice destiné à les surveiller ! Partiellement détruit lors de la Fronde en 1648, puis reconstruit, le château fut définitivement démoli au début du XIXe siècle.
La plus grande place de France

Avec ses 12 hectares, la place des Quinconces détient le titre de plus grande place de France et figure parmi les plus vastes d’Europe. Ses dimensions hors normes lui permettent d’accueillir des événements d’envergure nationale. De la célèbre Foire aux Plaisirs aux concerts géants, en passant par les cirques et les brocantes saisonnières.
Mais pourquoi “Quinconces” ?

Le nom de la place n’a rien d’un mystère si l’on regarde la disposition de ses arbres. Ils sont tout simplement plantés en quinconce, c’est-à-dire en rangées décalées, depuis l’aménagement paysager datant de 1818. Avant de prendre son nom définitif après la Révolution de 1848, la place fut successivement baptisée « Place Louis XVI » puis « Place Louis-Philippe ».
Rendez-vous manqué avec Bartholdi

Saviez-vous que la célèbre fontaine de la place des Terreaux à Lyon devait initialement se trouver à Bordeaux ? En 1888, la municipalité commande une œuvre monumentale au sculpteur Frédéric Auguste Bartholdi (le père de la Statue de la Liberté). Cependant, le projet est jugé trop coûteux et la ville se rétracte. C’est finalement le Monument aux Girondins, projet fusionnant plusieurs idées architecturales, qui verra le jour entre 1894 et 1902 pour orner l’esplanade.
Un monument symbolique

Si aujourd’hui nous apprécions tous observer le Monument aux Girondins, peu d’entre nous connaissent réellement sa symbolique. Inscrit aux monuments historiques depuis 2011, il rend hommage aux girondins renversés pendant la Révolution française. À la base de la colonne, deux impressionnants groupes de chevaux en bronze ornent la fontaine. L’un orienté vers le Grand-Théâtre représente le triomphe de la République. Tandis que celui tourné vers le Jardin Public symbolise la victoire de la Concorde. Couronnant l’ensemble, la statue du Génie de la Liberté apparaît en train de briser ses chaînes tout en levant la palme de la victoire.
Un bunker caché sous nos pieds
De par sa position, Bordeaux était un point stratégique majeur pour l’occupant allemand durant la Seconde Guerre mondiale. En 1943, pour protéger les communications et les troupes, un bunker fut enterré sous la place des Quinconces. Cet abri anti-aérien de 83 m², avec une hauteur sous plafond de 2,30 mètres, existe toujours sous le bitume, vestige silencieux de l’Occupation.