Entre le cours de l’Intendance et la place du Chapelet, se cache un trait d’union hors du temps. Loin de la foule des grandes artères commerçantes, le passage Sarget offre une parenthèse de lumière et de sérénité aux promeneurs avertis. Poussez les portes de ce secret bien gardé pour une escale où l’histoire antique et le chic contemporain se rencontrent sous une verrière magistrale.
Un passage atypique… Et secret ?

Symbole de la vie commerçante de Bordeaux, et pourtant souvent sous-estimé, le passage Sarget est une mine de trésors. Marqueur de l’histoire de la capitale girondine, il est aujourd’hui une élégante galerie où il fait bon flâner. Sa magnifique verrière du XIXè siècle, longtemps dissimulée derrière un faux plafond, coiffe une superbe charpente métallique. Celle-ci est elle-même ornée d’un décor en l’honneur de Mercure, dieu du commerce et des voyageurs.
Le passage abrite désormais plusieurs enseignes et cafés qui viennent nourrir l’âme du lieu. Moins fréquenté que les rues piétonnes adjacentes, il est doté d’un charme d’antan qui vaut le détour. Ou est-ce justement son calme qui lui confère cette atmosphère si singulière ? Nous vous laissons en juger lors de votre prochaine visite.
Un passage chargé d’histoire

Reliant la place du Chapelet au cours de l’Intendance, le passage Sarget est l’un des deux seuls passages couverts de Bordeaux avec la Galerie Bordelaise. À son emplacement s’élevait, sous le Premier Empire, un hôtel particulier. Construit par l’architecte Louis-Guy Combe à la demande du négociant André Acquart, c’est pourtant à un autre homme d’affaires qu’il doit son nom. Jean-Auguste Sarget financera en effet, des années plus tard, la transformation du site en passage.
Lors des travaux, de nombreux vestiges du passé sont mis au jour : monnaies romaines, vases, poteries, mais aussi des restes de bains antiques et une mosaïque gallo-romaine. Rien de surprenant, puisque la galerie se situe alors dans le périmètre de l’ancienne cité de Burdigala et du célèbre temple des Piliers de Tutelle.
Initialement privé, le passage est ouvert au public en 1878. Après son rachat en 1917 par un particulier, il intègre finalement le patrimoine municipal de Bordeaux deux ans plus tard.
Un passage de femmes et d’hommes historiques
Outre ses trésors archéologiques, la galerie a vu défiler d’illustres personnages. Rois, princes et chefs d’État l’auraient régulièrement empruntée. Parmi les noms qui hantent encore ces murs, on cite volontiers Louis XIII, Louis XIV, Marie et Catherine de Médicis, le général de Gaulle ou encore la reine Elizabeth II. De quoi rajouter un brin d’éloquence à ce passage bien gardé.