Parmi les monuments de Bordeaux que l’on ne présente plus figure la majestueuse cathédrale Saint-André. Saviez-vous qu’elle abrite un instrument faisant partie des plus prestigieux de France ? Bien que silencieux depuis plusieurs années, l’orgue de la cathédrale demeure l’un des plus importants de l’Hexagone. Pour lui rendre sa voix, un chantier de réfection historique a débuté ce mois de février 2026, promettant de restituer à l’instrument toute sa puissance.
Un géant musical au cœur de Cathédrale Saint-André de Bordeaux
Nous devrions d’ailleurs plutôt parler des « grandes orgues », terme qui désigne l’instrument principal installé en tribune. Faisant face à la nef, c’est lui qui est aujourd’hui au centre de toutes les attentions.
Si un orgue résonne au sein de Saint-André depuis le début du XIXe siècle, il s’agissait à l’époque d’un instrument provenant de La Réole. Il fut remplacé quelques années plus tard lors d’un échange avec celui de l’abbatiale Sainte-Croix. Ce n’est qu’en 1982 que l’orgue actuel a été inauguré. Son esthétique néo-classique dialogue avec un buffet sculpté, classé monument historique, qui constitue un décor architectural à lui seul. Avec ses 76 jeux, l’orgue de la cathédrale Saint-André s’est imposé comme un pilier du paysage organistique français.
Pourtant, au fil du temps, la mécanique s’est fragilisée. Mis à l’arrêt en 2018, l’instrument était trop dégradé pour continuer à vibrer. Depuis, le silence s’est installé en tribune, en attendant cette renaissance entamée début février.
Un chantier de restauration à plusieurs millions d’euros
Après plus de dix ans d’attente, le projet entre enfin dans sa phase concrète. Pilotée par la DRAC Nouvelle-Aquitaine avec le soutien de l’association Cathedra, cette restauration est estimée à plus de 4 millions d’euros. L’orgue fera l’objet d’une reconstruction complète tandis que son buffet sera méticuleusement restauré. Cette renaissance est confiée à deux savoir-faire complémentaires : la manufacture autrichienne Rieger Orgelbau et l’atelier breton Orgues L’Haridon-Freyburger.
Un des plus grands orgues de France : une renaissance ambitieuse, entre patrimoine et création
Le futur orgue changera de dimension : il devrait atteindre 98 jeux, répartis sur 119 rangs et environ 6 800 tuyaux. À l’horizon 2030 et une fois achevé, il se hissera parmi les plus grands instruments de France, aux côtés de ceux de Notre-Dame de Paris, de l’église Saint-Eustache et de Saint-Sulpice.
Au-delà de la prouesse technique, le projet vise à redonner à la cathédrale une véritable vie culturelle et musicale. Concerts, actions pédagogiques et collaborations européennes accompagneront ce nouvel instrument. Le financement mêle fonds publics et mécénat, avec notamment une opération de « parrainage de tuyaux » ouverte à tous.

