Niché dans une crique si étroite que ses maisons n’ont eu d’autre choix que de s’empiler les unes sur les autres, Cudillero, petit village des Asturies, surprend à chaque virage : un port de pêche minuscule entouré de façades roses, bleues et jaunes, coincées entre la mer et la montagne. On pense immédiatement aux villages de la côte italienne. Sauf qu’on se trouve bien en Espagne, à l’extrémité nord-ouest du pays.
Une journée type dans les rues de Cudillero

On commence par une balade tranquille autour du port, entre les barques de pêche colorées et les terrasses des restaurants, avant de grimper progressivement vers les hauteurs pendant que les ruelles sont encore calmes. Un réseau de chemins étroits et pentus mène jusqu’à plusieurs miradors, dont les plus connus sont celui de la Garita et celui de l’Atalaya. De là-haut, la vue embrasse l’ensemble du village en amphithéâtre, le port, et le phare qui surveille l’entrée de la crique – de quoi remplir la pellicule en quelques minutes.
La surprise insolite ! En chemin vers les miradors, une maison à la façade entièrement recouverte de coquillages se cache dans une ruelle, rue Fuente del Canto. Peu de visiteurs la remarquent, alors qu’elle est à quelques mètres seulement du parcours principal. Un vrai jeu de piste !
Après un déjeuner dans l’une des sidrerías du village, direction la Playa del Silencio pour l’après-midi : une plage sauvage nichée entre des falaises abruptes. L’accès se fait par un chemin de terre suivi d’une marche à pied d’une dizaine de minutes – et la récompense est largement à la hauteur de l’effort : une crique quasiment vierge, encore épargnée par l’affluence des plages plus accessibles de la région.
Pour clore la journée en beauté, retour aux miradors du village au moment où le soleil commence à descendre sur l’océan, les façades colorées prennent alors une teinte dorée à couper le souffle.
Un dialecte d’origine viking et un rituel linguistique vieux de 500 ans

Les habitants du village se surnomment les « pixuetos » et possèdent leur propre dialecte, le pixueto, dont l’origine serait liée à d’anciennes colonies vikings installées sur cette côte, selon la légende locale. Chaque 29 juin, jour de la Saint-Pierre, ce dialecte est mis à l’honneur lors d’un rituel unique : l’Amuravela, un discours satirique récité depuis un bateau amarré dans le port, qui résume les événements marquants de l’année avec ironie. Cette tradition, vieille de plus de cinq siècles, est aujourd’hui reconnue comme fête d’intérêt touristique national.
Autre pilier de l’identité locale – la sidra. Cette boisson alcoolisée se sert traditionnellement versée de haut, le bras tendu au-dessus de la tête, pour l’aérer avant de la boire d’un trait — un geste qu’on retrouve dans toutes les sidrerías du village, souvent accompagné de produits de la mer fraîchement débarqués au port. Trois adresses à ne pas manquer : Sidrería El Remo, réputée pour son rodaballo (turbot), Casa Mari, l’une des sidrerías historiques du village, pour ses croquettes de cabrales et ses zamburiñas et Casa Julio, sur la Plaza de la Marina, pour ses fruits de mer à partager !